LES GRANDS


DOSSIERS

 

 

 

A l'âge de 6 ans, je me demandais "Comment on fait les bébés ?". J'avais 18 ans quand, tel Narcisse face à son miroir, je m'interrogeais : "D'où viens-je, qui suis-je et pourquoi le hard-rock, c'est si top ?" Aujourd'hui, j'ai 28 ans, et la question existentielle qui s'impose est : "Dois-je acheter une Dreamcast ?"

   

Nombreuses sont les mauvaises langues qui annoncent la fin du géant de l'arcade. Au Japon, les chiffres de ventes de Dreamcast ne sont pas mirobolantes et le match attendu Sony versus Sega n'a pas eu lieu. Qu'en sera-t-il en Europe ? Seule certitude : la date de sortie de la console est fixée au 14 octobre en France, et le prix à 1690 francs. Moins d'un mois avant l'événement, nous faisons le point et apportons une réponse... A la normande, naturellement.


Dreamcast et Nintendo


Chez Nintendo, on est plus sceptique. Stéphan Bole, directeur marketing et commercial de la filiale française, envisage plusieurs éventualités. "Dreamcast séduira probablement les joueurs passionnés, dans un premier temps du moins.

Après, c'est une autre histoire. Je crois qu'il sera difficile d'élargir la cible. Sega aura du mal à dépasser le cadre restreint des connaisseurs, ceux qui possèdent déjà une console, PlayStation ou Nintendo 64." A l'image de Sony, Sega souhaite, via le modem et une campagne de pub décalée, toucher le grand public, à savoir les joueurs occasionnels.

Selon Stéphan, ce serait donc peine perdue, d'autant plus que : "De nouvelles plates-formes de jeux sont prévues fin 2000 en Europe. Je redoute, dès lors, que Dreamcast ne finisse comme la Saturn..."


Dreamcast et Sony

Que pense-t-on chez le leader incontesté du marché ? Au Japon, la Dreamcast n'a en aucun cas ébranlé l'inventeur du walkman - c'est regrettable. Richard Brunois, directeur de la communication chez Sony Computer France, compte énormément sur la console 128 bits pour redynamiser le secteur. "La venue d'un nouvel acteur sur le marché, jeu, événement ou console, contribue à démocratiser le loisir qu'est le jeu vidéo. L'arrivée de Dreamcast sera bénéfique pour tous, nous y compris.

Lorsque la Nintendo 64 est apparue, en novembre 1997, 2,5 millions de personnes ont acheté une PlayStation durant les mois qui suivirent !" Richard sous-entend-il que la venue de la Dreamcast fera vendre encore plus de PlayStation ? Oui, apparemment.

 

 


 


Dreamcast et Nous


Fin novembre 1998, la quasi-totalité des rédactions s'équipent en Dreamcast. La console 128 bits de Sega sort avec un jeu de baston destroy, Virtua Fighter 3 TB. Je me souviens d'un mec qui disait : "Elle va tuer le monde !" Moi, j'étais plus modéré... Et je me faisais huer : "T'es vraiment naze, achète une Dreamcast, y'a des jeux qui vont massacrer !". Mouais... Excepté Power Stone et Get Bass Fishing, House of the Dead 2 et Soul Calibur, je ne me suis pas éclaté plus que ça.

Paradoxalement pourtant, j'y crois plus aujourd'hui qu'il y a un an ! Sega France annonce une cinquantaine de jeux entre fin septembre et fin décembre (parmi lesquels des tops), le prix n'est pas franchement rédhibitoire (1 690 francs) et le modem intégré pourrait amener une nouvelle façon de jouer. Quant à la PlayStation 2, j'y songerai quand j'la verrai... Et puis, entre nous, ce serait bien si un concurrent sérieux venait gêner la suprématie de Sony, non ?

Dreamcast et vous


Les observateurs annoncent sans vergogne qu' "Entre les mois de septembre et décembre, le nombre de Dreamcast vendue n'excédera pas celui des Nintendo 64 et autres PlayStation !" On nous a confié que 250 000 Dreamcast seraient disposées dans les rayons d'ici à Noël ; Sony espère en écouler au moins le double.

Aux États-Unis, les précommandes vont bon train ; on parle même de record. En France, en revanche, on s'inquiète. Un vendeur de la FNAC s'est même étonné des requêtes des clients (lire l'interview), "plus intéressés, selon lui, par la PlayStation 2 que par la Dreamcast." Dreamcast et nous. Nous comptons sur elle, malgré ses carences cumulées aux erreurs de Sega Europe (lire l'encadré "Carton rouge à Sega Europe"). Dreamcast et vous. La liste des (bons) titres prévus est longue et le prix (de 350 à 400 francs) les rends accessibles.

Sans oublier Internet, l'accès gratuit et les futurs jeux On line. Vous pouvez raisonnablement supposer que le meilleur est à venir. Notre conseil : observez le marché, rendez-vous chez les revendeurs pour jouer sur les bornes et laissez une chance à Dreamcast.

























 

Carton rouge à Sega Europe

No comment, secret défense, halte-là... Travailler avec Sega Europe (pour monter ce dossier) fut une vraie galère. À deux mois de la sortie de Dreamcast en France, nous avons eu affaire à une délirante politique de rétension d'information. En France, les représentants du constructeur n'avaient pas le droit de divulguer les prix (de la console et des périphériques), de parler des jeux en réseau et des accords passés avec Cegetel, ni même d'aborder les grandes lignes de la campagne de publicité, etc. Pourquoi ? Il arrive un moment où, à trop garder, on se grille les ailes...

 

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